Santé et adaptation

10/03/2020

Les points de vue disciplinaires (médical, psychologique, sociologique, économique, ...) sont complémentaires pour aborder la santé et tenter de répondre à la difficulté du sujet à vivre dans un environnement socio-culturel donné. La santé n'est pas tant l'absence de la maladie qu'une perception positive et multidimensionnelle de son état (qui pourrait se traduire par des indices positifs comme la qualité de vie). La santé peut être affectée par des déterminants psychologiques directs ou indirects (en interaction avec d'autres facteurs) et la psychologie de la santé se concevoir comme étant l'ensemble des savoirs fondamentaux de la psychologie appliquée à la compréhension de la santé et de la maladie. Les objectifs de la psychologie de la santé sont l'amélioration et le maintien de la santé, la prévention et le traitement des maladies, l'analyse des facteurs de risque ou facteurs de protection en matière de santé et leur interaction et contribution (AFPSA). Elle propose plus globalement des théories explicatives qu'elle va tester. Les interprétations d'un sujet par rapport à la maladie, ses ajustements et l'évaluation des stratégies qu'il met en place (modèle de l'autorégulation) dépendent de ses représentations de la maladie. L'ajustement à la maladie (au stress ou à toutes situations d'adversité) fait intervenir des stratégies de coping après évaluation des enjeux liés à la situation aversive, de ses ressources personnelles et sociales. Plus largement, il s'agit de tenter de prédire les comportements de santé (salutogènes ou favorables à la santé). Pour cela, il faut d'abord appréhender les croyances en santé du sujet (approches anthropologiques, sociocognitives...) qu'on pourrait traduire par sa « vision » du monde qui l'entoure, sa croyance en sa capacité à pouvoir modifier ses comportements (théorie de l'attribution, locus de contrôle, sentiment d'auto-efficacité...) et ceux qui vont plutôt être favorables ou non à sa santé. Le recours aux modèles de psychologie de la santé (modèle transthéorique du changement, modèle des croyances en santé ou Health Belief Model, modèle de l'action raisonnée, théorie du comportement planifié, théorie de l'autodétermination, etc.) peut permettre de guider les actions de recherche, à condition d'essayer de privilégier chaque fois que possible une démarche basée sur des modèles intégratifs et multifactoriels (modèle biopsychosocial, approche holistique du sujet qui prennent en compte une combinaison des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux).

A l'adolescence et chez l'adulte émergent, les facteurs de risque pour la santé peuvent être représentés par les conduites à risque, les addictions aux substances ou addictions comportementales et certains traits de personnalité (ou leur combinaison) pouvant favoriser la maladie ou au contraire être protecteurs à son égard (voir par exemple l'impulsivité et le névrosisme ou au contraire la notion de résilience, d'endurance psychologique ou Hardiness). A cette période de la vie comme aux autres, les facteurs de vulnérabilité affective, de vécu émotionnel négatif sont des facteurs de risques importants de développer une maladie. Dans tous les cas, l'objectif de la psychologie de la santé doit répondre aux enjeux sociétaux et à son évolution (comme par exemple le harcèlement moral au travail, le harcèlement scolaire ou harcèlement de rue, les attentats, etc.). C'est particulièrement vrai dans le cadre de la violence, et notamment des violences sexuelles qui pourraient être abordées comme des réponses dysfonctionnelles aux difficultés d'adaptation du sujet. Plus largement, devenir adulte, devenir un homme, une femme, vivre avec les autres et répondre aux évènements de la vie et s'ajuster... relèvent de mécanismes d'adaptation...